VoilĂ 4 mois que je suis arrivĂ©e Ă YaoundĂ© et que je travaille au CJARC, majoritairement au service de la transcription mĂȘme si j’interviens aussi auprĂšs des enfants et dans plusieurs autres projets. Et j’ai enfin eu la joie de voir l’aboutissement d’un projet auquel j’ai beaucoup participĂ© : la rĂ©daction d’un livre portant sur les Objectifs de DĂ©veloppement Durable.

Depuis un an, le CJARC travaille en coopĂ©ration avec des services de l’ONU pour promouvoir le dĂ©veloppement durable et sensibiliser les personnes handicapĂ©es aux enjeux du dĂ©veloppement durable et au rĂ©chauffement climatique. Trop souvent, ces personnes sont laissĂ©es de cĂŽtĂ© alors qu’elles sont tout autant concernĂ©es que n’importe quelle autre personne et qu’elles ont aussi leurs idĂ©es Ă apporter !

Plusieurs ateliers se sont ainsi tenus au CJARC, rĂ©unissant des personnes handicapĂ©es (handicapĂ©s visuels, handicapĂ©s moteur), des reprĂ©sentants des diffĂ©rentes mairies de la ville, et des spĂ©cialistes de la question, afin de monter un plan d’action pour mobiliser la population face Ă ce sujet d’actualitĂ© si prĂ©occupant. Un de nos soucis a Ă©tĂ© de rendre accessibles les 17 Objectifs du DĂ©veloppement durable Ă tous, et ici particuliĂšrement aux non-voyants.

Nous avons donc produit un document inclusif : Ă©crit en noir (l’Ă©criture des voyants) et en braille, et Ă©galement bilingue (en français et en anglais) pour tenir compte des besoins du public visĂ©. Le travail a Ă©tĂ© long et dense ! Il s’agit d’abord de rĂ©diger toutes les parties, comme pour n’importe quel livre. Puis d’en faire la traduction en anglais. Ensuite, nous avons travaillĂ© sur la mise en page. AprĂšs cela, il fallait trouver un logo illustrant notre projet et mettant en avant l’investissement du CJARC.

Lorsque le document est complĂštement rĂ©digĂ©, nous utilisons un logiciel qui permet de transcrire le noir en braille. Comme nous avons mis le mĂȘme document en noir et en braille, il fallait voir si la mise en page coĂŻncidait et calculer quelques intervalles pour respecter les espaces, tout en tenant compte du fait que le braille est plus volumineux que l’Ă©criture en noir.

Et enfin, la derniĂšre Ă©tape a consistĂ© Ă imprimer notre travail, avant d’embosser chaque feuille. Les embosseuses sont des machines qui, Ă partir du logiciel de braille, viennent imprimer en braille. Cela va bien plus vite que la machine Perkins sur laquelle je travaille parfois ! Cela fait aussi beaucoup de bruit ! Le CJARC dispose de la plus grande imprimerie braille d’Afrique Centrale avec plusieurs embosseuses. Je n’avais encore jamais participĂ© Ă la crĂ©ation d’un livre en braille et j’ai Ă©tĂ© ravie de voir tout cela fonctionner !! đ Ce travail est un travail d’Ă©quipe, mais j’ai eu l’honneur d’y apporter ma touche personnelle en rĂ©digeant la conclusion, en crĂ©ant le logo sur la page de couverture et en finalisant l’impression et l’embossage đ
Le rĂ©sultat final me plaĂźt beaucoup : un beau document, rĂ©sultant d’un super travail d’Ă©quipe, permettant d’inclure des personnes de diffĂ©rents horizons et portant sur un sujet qui me tient Ă cĆur ! Tous les ingrĂ©dients sont rĂ©unis pour me plaire !! đ J’espĂšre maintenant avoir l’occasion de faire quelques autres impressions avant mon dĂ©part et de finaliser ainsi les diffĂ©rents travaux sur lesquels j’ai travaillĂ© depuis mon arrivĂ©e !
