Un rapport au temps très différent…et moins stressant !! 😊

Dans quelques jours, cela fera trois mois que je suis ici, à Yaoundé. Trois mois que je n’ai pas vus passer ! Et pourtant, j’ai le sentiment d’avoir toujours été là ! 😊 Le temps vécu est très relatif, et, en tant qu’historienne c’est un sujet de réflexion permanent pour moi, la « matière première » sur laquelle je travaille. Et je ne peux que constater que le temps passe très différemment ici. L’usage que l’on fait de son temps n’est pas du tout le même !

Les journées sont pourtant bien remplies, tout comme en France. La journée commence tôt, car à 5h, toute la famille de Papa Coco se retrouve pour un temps de lecture de la Bible et de prière, après quoi chacun s’apprête avant de prendre le petit-déjeuner tous ensemble. En général, Papa Coco et moi arrivons au CJARC vers 7h30 et nous démarrons nos activités à ce moment. Nous rentrons déjeuner à la maison entre 12h et 14h et retournons travailler au CJARC jusqu’en fin d’après-midi. Les soirées sont plus courtes qu’en France car nous nous levons plus tôt. Les journées passent vite, le travail à faire est important, et malgré tout, je ne ressens pas du tout le même stress qu’en France.

Beaucoup d’activités pour lesquelles nous utilisons les machines se font manuellement ici, et prennent donc plus de temps. Et pourtant, la majorité des personnes que j’ai rencontrées sont bien moins stressées que nous ! Et cela est tellement agréable ! Les gens prennent le temps de vivre 😊

Cela est assez étrange car, quand on regarde bien les choses, nous disposons en France de plus de temps libre qu’ici, où les contraintes sont plus nombreuses, car de nombreuses tâches sont effectuées à la main. Par exemple, la grande majorité de la population fait sa lessive à la main. Pour ma part, je dois compter entre 45 minutes et une heure chaque semaine pour faire ma lessive…alors qu’en France, il me faut 10 minutes pour trier mon linge, lancer la machine à laver et étendre le linge… Je suis très admirative des mères de famille qui font la lessive pour toute la famille !! Cela nécessite du temps et de l’énergie !!

Quel plaisir de voir son linge propre ! 😊

Ici, on prend également le temps de cuisiner. Chez Papa Coco, on pile le poivre par exemple. Cela prend plus de temps mais c’est tellement plus savoureux !! 😋

En train de piler le poivre !

Les cultures africaines de manière générale sont des cultures chaudes, où la priorité est donnée aux relations, par opposition à notre culture froide, individualiste. Et même si notre confort de vie est plus grand en terme matériel, la qualité de vie me paraît plus douce ici, avec moins de pression et de stress, et le temps de vivre tout simplement. Les loisirs sont moins développés, mais le temps a plus de saveur.

La population est aussi bien moins impatiente que nous, ce que je peux constater très souvent. Les coupures d’électricité et d’eau sont très fréquentes ici, mais la population, bien que gênée par cela, prend son mal en patience et attend que « la lumière donne de nouveau »…tout simplement !

Voilà de quoi tirer de bonnes leçons…et revoir nos priorités, apprendre à savourer chaque instant, et prendre le temps de vivre ! 😊

« Il y a du plaisir à rencontrer les yeux de celui à qui l’on vient de donner », Jean de la Bruyère

Bonjour à toutes et à tous ! J’espère que chacun de vous se porte bien ! J’imagine que vous accueillez avec soulagement la fin du confinement, même si cela ne signifie pas un retour aux usages d’avant… Ici, les mesures se sont assouplies aussi, surtout pour des raisons économiques. De nombreuses personnes vivent de l’économie informelle, gagnent leur pain chaque jour et n’ont pas de quoi faire des réserves ici. C’est le cas des taximen, des petits commerçants et vendeurs, des coiffeurs,… Une majorité de la population vit sans être assurée d’avoir un revenu quotidien, sans savoir de quoi demain sera fait. On travaille dur ici, et beaucoup de personnes sont obligées d’avoir plusieurs activités pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille. Il n’y a pas de sécurité sociale ici, pas d’Etat redistributeur… Le nôtre est certes défaillant, mais il faut reconnaître que nous avons encore de nombreux privilèges, dont nous devrions nous réjouir chaque jour ! Et cela devrait nous motiver à nous engager à défendre un État social et redistributeur, visant à diminuer les inégalités sociales !

Vendeurs (de mangues, denrées alimentaires, produits en tout genre) et motomen en traversant le marché de Mokolo

Les mesures de confinement ont fortement pénalisé ces personnes vivant de l’économie informelle, qui n’ont plus pu pratiquer leur activité ou alors de manière réduite, ce qui a considérablement nui à leurs conditions de vie. De nombreuses personnes n’ont perçu aucun salaire les deux derniers mois…

Taximen sur le marché de Mokolo

Bien souvent, ce sont les personnes les plus vulnérables qui sont les plus touchées par la pauvreté, à l’instar des personnes handicapées. Et les mesures de confinement les ont plus fortement pénalisées encore !

Grâce à un don fait au CJARC, nous avons pu procéder à une distribution alimentaire à une centaine de personnes handicapées. Le don est certes modeste, mais il a permis d’aider un peu ces personnes, qui ont reçu avec reconnaissance leur paquet !

Voici un des reportages faits lors de notre distribution ! Vous pourrez découvrir mon environnement de travail et de vie ! 😊

« Le goût de ça !! » 😋 ou l’adoption d’une nouvelle culture par l’estomac 😁

Bonjour à tous,

J’espère que chacun d’entre vous se porte bien et garde le moral en dépit des circonstances. Ici, je vais bien. Voilà un peu plus de deux mois que je suis là, et je me sens vraiment à l’aise, utile et à ma place, ce qui est un sentiment agréable et m’aide à affronter les journées plus difficiles, quand les nouvelles du monde m’accablent ou que famille et amis me manquent. Et l’un des éléments qui m’aident aussi dans ces journées plus difficiles, c’est la nourriture 😋😁

Ce n’est un secret pour personne, je suis gourmande ! Et ici, il y a de quoi satisfaire le plus grand des gourmands ! Je mange camerounais tous les jours et ai donc pu goûter à de nombreux plats locaux. Ceux-ci sont vraiment très diversifiés !

Les Camerounais mangent très sainement et il y a plein de plats traditionnels, aussi liés à la culture si riche et variée du Cameroun avec ses multiples ethnies, mais aussi à la profusion des produits agricoles. Le pays est fertile en grande majorité, et l’agriculture est très développée.

Parmi les plats traditionnels, on trouve des plats réalisés à partir de ce qu’on appelle ici des légumes : des feuilles provenant d’arbustes ou de plantes parfois pilés, parfois juste très finement ciselé. C’est le cas du ndolè, de l’eru ou encore de l’okok. À première vue, on pourrait penser à des sortes d’épinards. Mais le goût n’est pas le même ! Le ndolè est assez amer, il faut bien le faire tremper avant pour en ôter un peu l’amertume. Le eru est un plat traditionnel provenant de la zone anglophone, mêlant viande, poisson séchée et mélange de légumes. Quant à l’okok, il est préparé à base de feuilles et d’arachides.

Okok et miondo (bâtons de manioc)

Entre ces trois plats, c’est celui que je préfère ! J’aime vraiment l’arachide ! Et on peut la cuisiner sous de nombreuses formes. Il y a les arachides que l’on connaît et qu’on mange grillées, les arachides bouillies, les arachides sucrées et caramélisées, et dans de nombreux plats, les arachides broyées et transformées en pâte. Pour cela, on va les préparer et les faire broyer dans des machines spéciales, qu’on trouve à chaque coin de quartier !

Eru et couscous de tapioca
Fabrication de la pâte d’arachide

Ici, les accompagnements sont appelés les compléments. Ils sont très diversifiés également. Une grande star est le manioc. C’est une grande source de richesse en Afrique, où on le consomme largement, sous différentes formes. Il y a les fameux bâtons (de tailles différentes selon les ethnies ; j’ai une préférence pour les bâtons de l’ouest, les « miondo », plus petits que ceux réalisés ici dans le Centre), le couscous de tapioca fait à partir du manioc, la tubercule de manioc cuite à la vapeur (ma forme préférée). On trouve aussi l’igname, que je préfère au manioc, la banane plantain qu’on mange cuite à la vapeur ou frite, le macabo qu’on mange râpé, ce qui donne une sorte de purée et qu’on accompagne d’un plat de viande avec une sauce arachide : « le kouakoukou ». C’est un plat qu’on mange avec les doigts à la maison, et c’est vrai que c’est meilleur ainsi ! 😉 De la même manière, on mange le taro avec les doigts, et le pilé aussi. Le pilé est un plat qui se prépare à partir de bananes plantains ou de pommes de terre avec des haricots rouges.

Kouakoukou (macabo râpé, avec viande de bœuf sauce arachide), le plat préféré de Papa Coco 😊

Les Camerounais mangent aussi beaucoup de beignets. Ici, dans la famille de Papa Coco, on les déguste régulièrement au petit-déjeuner, pour accompagner une bouillie de maïs. De quoi bien démarrer la journée 😋😀

Alors, parmi tous les plats que j’ai mangés, vous vous demandez peut-être lequel est mon préféré… J’aime beaucoup le poulet DG notamment à cause des nombreux légumes que contient sa sauce, mais ce qu’on mangera pour fêter mon anniversaire dans quelques mois, c’est le poisson braisé, tout simplement ! Un bon poisson cuit sur la braise, accompagné de bananes plantains frites et d’une fabuleuse sauce verte, et qu’on déguste avec les mains pour plus de saveur ! 😋

Poulet DG
Poisson braisé, bananes plantains frites, sauce condiments verts 😍

Et en dessert, ce sera une gigantesque salade de fruits ! Je pourrais me nourrir exclusivement de fruits, tant ils sont bons ! Avocats, ananas, papayes, pastèques, bananes, et pour quelques semaines encore, mangues… Ici, ils ont tous compris qu’il suffit d’un fruit pour me réjouir et me faire plaisir ! Comme quoi, les choses les plus simples sont souvent les meilleures ! 😊

« On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux », Le Petit Prince, Saint-Exupéry

Bonjour à toutes et à tous,

J’espère que vous vous portez bien et que vous gardez le moral dans ces temps difficiles. Ici aussi, nous sommes impactés par le virus qui se propage très rapidement et le CJARC fonctionne au ralenti. Les écoles sont fermées depuis trois semaines déjà dans tout le pays. Le CJARC est bien vide sans les enfants… Mais cela ne signifie pas pour autant que je suis au chômage, loin de là ! Et j’en suis bien heureuse 😉

Comme vous le savez, le CJARC est une école inclusive fondée au départ pour favoriser l’éducation et l’insertion sociale des personnes aveugles et malvoyantes. Depuis mon arrivée il y a six semaines, je suis des cours de braille. J’ai d’abord commencé à apprendre à la tablette et au poinçon, comme le font les enfants ici.

Composé de 63 caractères formés à partir de 6 points (2 colonnes de 3 points), l’alphabet braille a été inventé par Louis Braille au début du XIXème siècle. Chaque lettre et caractère correspond ainsi à une combinaison précise parmi ces 6 points. Les premières séries ont été assez faciles à apprendre pour moi, mais je peine encore à faire des mathématiques en braille (ou alors, ce sont les mathématiques qui me posent problème 🤔😅).

En train d’apprendre à manier la tablette et le poinçon en faisant des « é ».

Depuis trois semaines environ, j’apprends à taper le braille sur une machine Perkins. Elle est composée de 6 touches principales, qui représentent chacune un point. Lorsqu’on appuie sur une touche, cela vient percer le papier et c’est ce relief qui permet aux déficients visuels de lire au toucher. Je me suis vite familiarisée avec cet instrument et je suis heureuse de ce que j’arrive à écrire à présent ! Monsieur Martin Luther me donne désormais le courrier officiel à transcrire en braille, ce qui me plaît beaucoup ! 😊 Bien entendu, je fais encore des erreurs et je fatigue vite car cela me demande beaucoup de concentration. Mais c’est une joie de voir ce que j’ai appris depuis mon arrivée ici !! 😊

La machine Perkins
En train d’apprivoiser la machine Perkins 😊

En assistant aux cours de braille de Monsieur Martin Luther, j’ai aussi pu apprendre comment guider des personnes aveugles et comment utiliser la canne blanche. Il y a tout un système de codes à mémoriser, cela est impressionnant ! De nombreuses personnes déficientes visuelles viennent au CJARC pour bénéficier des leçons de Monsieur Martin Luther et recevoir une canne blanche. Le CJARC est vraiment un lieu d’espoir et de bénédiction pour beaucoup !

Monsieur Martin apprenant comment manier la canne blanche et prendre un taxi.

Le CJARC, un centre qui incarne l’espoir des plus vulnérables !

Bonjour à tous,

Cela fait à présent un mois que je suis ici, à Yaoundé, et que je travaille au CJARC. Mais qu’est-ce que le CJARC ? Cet acronyme signifie Club des Jeunes Aveugles Réhabilités du Cameroun. Il a été créé en 1988 par Coco Bertin et Martin Luther. Tous deux sont devenus aveugles vers l’âge de 15 ans. Au début, ils ont pensé que c’était la fin de leur vie et ont même songé à mourir… Puis ils ont relevé la tête et se sont battus ! Ils ont pu fréquenter une école pour aveugles à Buéa, dans l’ouest du Cameroun, non loin de la frontière nigériane, et c’est là qu’ils se sont rencontrés. Ils ont appris beaucoup de choses dans cette école, comme le braille ou le déplacement à l’aide de la canne blanche. Après ces deux années de formation qui leur ont rendu l’espoir et de l’autonomie, ils ont décidé de fonder un centre pour permettre aux aveugles de se former et de travailler. Trop souvent, les aveugles sont laissés en marge de la société et sont mendiants, ou vivent dans l’oisiveté. Cela est inadmissible pour Coco Bertin et Martin Luther, qui sont deux hommes d’action ! Ils ont alors retroussé leurs manches, dans le but de fonder un centre à Yaoundé. Au départ, ils se retrouvaient dans un petit local loué dans lequel ils faisaient de la vannerie et des objets artisanaux. Puis, à force de se battre et de travailler, ils ont pu acheter un terrain et construire un centre plus important, avec une école.

Classe de maternelle

Au départ réservée à des enfants aveugles et malvoyants, l’école accueille aujourd’hui des enfants avec d’autres handicaps (autisme, handicap physique, retard mental,…) aux côtés d’enfants en bonne santé. C’est une vraie école inclusive, qui a pour but de donner sa chance à tous et de montrer que chacun a la même valeur, malgré le handicap. C’est une joie de côtoyer ces enfants, de la maternelle au CM2, qui préparent ici leur avenir et ont une chance de s’épanouir pleinement ! Et quelle joie pour Coco Bertin et Martin Luther de voir que leurs efforts et leur persévérance ont payé, malgré toutes les embûches et épreuves rencontrées. Le CJARC a même eu l’honneur d’être inauguré par la première dame du Cameroun, Mme Chantal Biya.

Classe pour enfants à besoins spéciaux, qui reçoivent un enseignement adapté et propre à leurs besoins avant d’intégrer les autres classes

C’est une vraie joie pour eux d’avoir réalisé ce qui leur tenait tant à cœur, d’impacter positivement les personnes qui passent par le CJARC, auquel ils ont dédié leur vie ! Au lieu de se morfondre sur leur sort, ils ont utilisé leurs faiblesses pour donner de la joie et de l’espoir autour d’eux, et cela les rend heureux !

Une leçon de vie qui vient confirmer qu’il « y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir » et qu’une situation difficile peut être utilisée et transformée en bénédiction pour les autres ! 😊

Classe pour enfants aveugles et malvoyants, où ils apprennent le braille avant de rejoindre les autres classes.

Le 8 mars, journée internationale des droits de la femme, un jour de fête au Cameroun !

Parées pour le défilé !

Le 8 mars est la journée internationale des droits de la femme (cela a été défini officiellement par l’ONU en 1977). Plus qu’une journée de débats et de réflexion, cette journée est une vraie fête au Cameroun et j’ai eu le privilège de le vivre ! Cette journée se prépare très en avance et diverses activités sont ainsi proposées aux femmes avant le 8 mars.

Le CJARC a aussi organisé plusieurs événements à l’occasion de cette journée. Ainsi, un atelier d’initiation à la teinture de vêtements s’est tenu au CJARC, permettant aux femmes volontaires de venir teinter des vêtements blancs de différentes couleurs et ainsi d’apprendre les techniques de teinture, les mélanges à effectuer, les différents bains dans lesquels plonger les vêtements, mais aussi les plis à faire pour avoir de beaux motifs.

Quelques jours plus tard, les femmes du CJARC ont disputé un match de foot : les femmes de l’équipe de direction ont affronté les enseignantes, pour la grande joie des enfants. Bien que mieux préparées et entraînées, les enseignantes se sont inclinées face à notre équipe avec un score de 2 à 1. J’ai été bien contente d’avoir fait quelques séances de foot à Strasbourg avant de partir, cela m’a permis de plutôt bien me débrouiller et de sauver l’honneur 😉

Équipe de la direction du CJARC, victorieuse 😀

Le vendredi, nous avons organisé un débat au sein du CJARC concernant la place des femmes dans la société. Des filles déficientes visuelles logées à l’internat du CJARC y ont participé et les intervenantes n’ont eu de cesse de leur dire que leur handicap ne doit pas être un prétexte pour tout accepter des hommes. Cela a été encourageant d’entendre ces intervenantes passionnées s’adresser ainsi à ces jeunes filles et leur rappeler leur valeur, leur dire combien elles sont précieuses et qu’elles doivent se battre pour s’affirmer en tant que telles dans la société ! Un bel enseignement pour leur avenir !

Ces différentes interventions se sont clôturées en beauté par le défilé du dimanche 8 mars sur le boulevard du 20 mai. Les femmes du CJARC ont défilé sous les yeux de Chantal Biya, première dame du Cameroun, sous la bannière du ministère des affaires sociales et parées du pagne consacré à cette occasion. En effet, chaque année, un nouveau pagne destiné à célébrer la journée des droits de la femme est mis en vente, sous deux coloris. Les femmes achètent le pagne et en font faire des vêtements dans lesquels elles défilent.

Les 2 couleurs du pagne, avec maman Cécile

J’ai été impressionnée dimanche par le nombre de modèles différents que l’on peut faire avec juste un bout de tissu ! Sur la trentaine de femmes que nous étions, nous avions bien 25 tenues différentes ! Le défilé s’est tenu sous le soleil et une chaleur intense, mais dans la bonne humeur. Nous avons ensuite été reçues au ministère des affaires sociales pour une réception / collation.

Il n’y a pas à dire, les Camerounais ont le sens de l’accueil (je crois que c’est le cas dans tous les pays africains, et plus généralement dans les pays dits de « culture chaude »), et savent faire la fête ! 😊

🇨🇲 Bien arrivée au Cameroun ! 🇨🇲

Me voilà depuis 10 jours au Cameroun, en train de découvrir mon nouvel environnement de vie et de travail ! Il fait ici 33 degrés, nous sommes à la fin de la saison sèche et même les Camerounais attendent la pluie pour ne plus avoir tant de poussière. Dans ces conditions, il est difficile d’imaginer qu’il y a eu quelques flocons de neige en France !

La ville de Yaoundé me paraît être un labyrinthe entre différentes collines. On n’appelle pas cette ville << la ville des sept collines >> pour rien : tout est en pente ici, soit on monte, soit on descend. J’ai encore du mal à me repérer, malgré plusieurs circuits en voiture et même en taxi (toute une aventure !! 😉). Il me faudra un peu de temps pour bien connaître les différents quartiers !

Vue sur Yaoundé depuis le CJARC où je travaille 😊

Une des choses que j’aime particulièrement ici, ce sont les couleurs, si riches, si variées, si contrastées ! J’aime le rouge du sable dans les rues non goudronnées et le vert des arbres, les pagnes multicolores des femmes, les étals qui comportent des fruits et des légumes de toutes les couleurs… C’est un réel plaisir de déambuler dans les rues et d’observer toutes ces couleurs !

J’ai aussi eu l’occasion de découvrir plusieurs plats locaux et de déguster des fruits et légumes produits ici… Ananas, avocats, papayes, bananes, noix de coco,… sont si savoureux !! Rien à voir avec les fruits qu’on peut trouver en France !!

La vie ici est un plaisir des sens sans cesse renouvelé et je suis vraiment reconnaissante pour ce que je vais encore avoir l’occasion de vivre et de découvrir au fil des prochains mois ! 😊

Une grande pensée pour mes élèves en France, à qui j’ai déjà beaucoup de choses à partager… Mais je réserve cela pour d’autres articles, il est temps pour moi de travailler ! 😉

Au début de l’aventure, il y a un rêve…

L’Afrique est entrée dans mon cœur alors que j’étais enfant, de façon surprenante, au cours d’un séjour familial dans un petit village du Haut-Rhin. Et ce désir d’Afrique ne m’a jamais quittée, bien au contraire. Il a toujours été un moteur dans ma vie et a guidé certains des choix les plus importants que j’ai faits. Ce rêve d’Afrique, j’ai bien souvent voulu le réaliser, mais sans jamais trouver ni le cadre idéal ni le moment pour le faire… Il fallait pour cela passer par certaines étapes et je comprends aujourd’hui combien ces étapes étaient nécessaires, et qu’il y a vraiment un temps pour tout…

En juillet 2018, j’ai eu l’occasion de partir pour la première fois sur le continent africain au cœur de la brousse ivoirienne pour un peu plus de deux semaines, afin d’encadrer un centre aéré pour les enfants. A l’excitation et l’enthousiasme de ce voyage s’ajoutaient la crainte d’être déçue et de ne pas être à ma place. Mais ce fut tout l’inverse ! J’ai aimé ce que j’ai vécu, j’ai aimé ces enfants incroyables, qui savent s’émerveiller de peu, sont avides de savoir et sont si généreux ! J’ai été fortement impressionnée par ces personnes aux conditions de vie difficiles mais pourtant pleines de joie de vivre et j’ai admiré leur force, leur ténacité et leur courage ! Ce fut un séjour certes court, mais qui a constitué une étape essentielle dans ma vie.

Dès mon retour, j’ai eu envie de repartir, pour une durée plus longue cette fois. Cela fait à présent un an que je me prépare à repartir. Mais cette fois, ce ne sera pas en Côte d’Ivoire, mais au Cameroun, et pour une durée de 6 mois environ. Je repars avec la même mission que la première fois, et vais cette fois-ci découvrir la vie d’une ville africaine puisque je vais travailler à Yaoundé, au CJARC (club des jeunes aveugles réhabilités du Cameroun), dans une école inclusive accueillant des enfants aveugles et malvoyants, mais aussi des enfants souffrant d’autres handicaps.

Je me réjouis de vivre cette nouvelle aventure et partagerai avec vous des moments-clés de ce séjour au Cameroun. Car une aventure ne vaut vraiment la peine d’être vécue que si elle peut être partagée !